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Eco-activités

La filière énergétique en 2020 : quatre experts, quatre visions pour l'avenir

Publié le 23/02/2011 - Richard HAMON Proposer un sujet

Pour répondre au défi climatique, l'Europe s'est imposé la règle des "3 fois 20%" : - 20% de gaz à effet de serre, - 20% de consommation d’énergie et + 20% d’ énergies renouvelables d'ici à 2020. Comment y parvenir ? Quatre experts de l'Ouest confrontent leur point de vue.

Le chiffre

220 000 salariés privés sur Nantes Métropole,

soit une croissance de 27 % en 10 ans.

Le document

Une faits et chiffres

Population, économie, entreprises, grands projets : la Métropole en faits et chiffres.

La page

Rue de Nantes

Découvrez la diversité des activités, tertiaires et industrielles qui font la richesse du territoire.

Ils étaient présents au salon ENR de Lyon du 15 au 18 février, sur le stand de l'Espace Métropolitain Loire Bretagne parmi 10 entreprises régionales. L'occasion de réunir ces quatre dirigeants spécialisés dans les énergies renouvelables pour répondre à cette question cruciale : comment réussir la passe de trois (20) ?

 

Thierry Ripoche. The Natural PowerThierry Ripoche – THE NATURAL POWER – Eolien – Nantes
" Pour remplir les objectifs du paquet énergie-climat européen, il faut déjà réduire la base 100, c’est-à-dire diminuer de 20 % notre consommation. Cette formule est souvent reprise mais elle est parlante : " l’énergie qui coûte le moins cher est celle que l’on ne consomme pas ". L’offre des énergies renouvelables doit parallèlement augmenter pour s’établir à 20 % en 2020 (23 % en France). Pour y parvenir, il faut diversifier les différentes sources de production et les organiser par cycles, à court, moyen et long termes.

Diversifier les sources de production

Il existe dès aujourd’hui des technologies matures comme le solaire et l’éolien. Si le premier est encore cher à produire, l’éolien  " onshore " est avantageux : son tarif d’obligation d’achat par EDF est inférieur au prix du marché européen !
La biomasse bois et notamment les projets de cogénération de chaleur/électricité associés représentent également des sources de production opérationnelles en grande quantité.
A plus long terme, d’autres ENR comme l’éolien offshore sur lequel Natural Power se positionne (ex. : projet au large du Croisic en Loire-Atlantique) sont prometteuses et nécessitent un véritable accompagnement politique. "

Consulter le site web de Natural Power


Olivier TicosOlivier Ticos – ALCA TORDA – Systèmes hydrogènes – Saint-Nazaire
" Le problème n’est plus technique mais sociologique. Il faut changer de mode de vie, arrêter de consommer de manière frénétique. Les multiples téléphones portables, les radiateurs grille-pains en chauffage, les toitures sans isolation : ce n’est plus possible ! Si l’on continue, des familles vont devoir choisir entre manger et se chauffer… La première solution est d’augmenter l’efficacité énergétique en investissant dans des systèmes plus chers mais offrant de meilleurs rendements à long terme.

Fixer compétences et savoir-faire sur le territoire

En même temps, nous devons nous préparer à une " rupture technologique " pour fixer les compétences et les savoir-faire en France. Par exemple, la mission hydrogène, à laquelle Alca Torda participe en région Pays de la Loire, travaille localement sur des innovations comme les bateaux à piles à combustible. Cette " rupture technologique " ne peut se faire qu’à deux conditions : l’acceptation par la société de nouveaux modes de production et d’organisation et le financement de l’innovation.
A Hambourg, des bus à piles à combustible sont déjà en service et cela ne pose aucun problème. Aux Etats-Unis, l’Etat s’engage à attribuer 20 % de ses marchés publics à des entreprises innovantes. Ce sont des pistes intéressantes mais il faut une forte volonté publique pour y parvenir. "

> Consulter le site web d'Alca Torda


Thierry Le Bihan. KereneoThierry Le Bihan – KERENEO – Diagnostic énergétique territorial - Rennes
" Il faut changer de paradigme économique et mettre fin à la mono-filière (le nucléaire) qui s’est imposée en France. Les opérateurs de production d’énergie sont les mêmes, ce qui ne favorise pas l’émergence de projets innovants. Aujourd’hui, le problème n’est pas tant de produire de l’énergie que de satisfaire les besoins des entreprises et des ménages en période de pointe. Il faut savoir que la France est obligée de racheter à ses pays voisins (Allemagne par exemple) de l’électricité en période de pointe à des prix très supérieurs qu’en période normale.

Changer de paradigme économique

En France, le nucléaire est la solution avancée pour satisfaire ses besoins mais il existe un moyen plus vertueux sur le plan économique et environnemental : le " producteur virtuel ". Par exemple, une collectivité pourrait tout aussi bien produire de l’électricité à partir de ses équipements publics (sur ses compétences : eau, déchets, logement...) pour la revendre à ses administrés. Ca marche déjà : la ville de Genève tire d’ailleurs 20 % de ses ressources par la vente d’électricité.
L’enjeu est de relocaliser la production par la mise en réseaux des différents producteurs et le recours aux nouvelles technologies. Grâce à des capteurs électroniques situés sur les sites de production et reliés à Internet, il serait très simple de gérer l’approvisionnement en période de pointe. Il faut penser global et agir local ! "

> Consulter le site web de Kereneo


Sylvain BuffeteauSylvain Buffeteau – IMEX CGI – Solaire thermique et petit éolien - Brest

" Une évidence : il faut construire des habitations qui ne consomment plus d’énergie. La  réglementation thermique de 2012 (RT 2012) va imposer, aux particuliers, dès le 1er janvier 2013 la norme BBC : toute habitation devra consommer moins de 50 kWh/m² par an pour le neuf et 70 kWh/m² par an pour l'ancien. Les dépenses en chauffage représenteront moins de 30 % de la facture énergétique, contre 60 % aujourd’hui. Et en 2020, les habitations devront être à énergie positive (BePos), c’est-à-dire qu’elles devront produire davantage d’énergies qu’elles n’en consomment.

Construire des habitations qui ne consomment plus d’énergie

Les habitations seront parfaitement isolées, les besoins en chauffage inexistants, les EnR fourniront bien plus d'énergie que l'habitat en aura besoin (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, …). L'énergie sera stockée (ballons d’eau chaude, batteries, technologies nouvelles, et/ou revendue au réseau (ErDF, cogénération). Nous proposons déjà des solutions techniques avec des panneaux solaires thermiques qui permettent de réduire les besoins jusqu'à 65% en ECS (eau chaude sanitaire), des éoliennes qui produisent jusqu'à 90% des besoins électriques.

Sur le salon, beaucoup de visiteurs nous disent déjà : « nous voulons être autonomes, ne plus subir les aléas du réseau, ni l'inflation ». Des entreprises qui souhaitent bénéficier d’un approvisionnement en site isolé, y réfléchissent déjà, d'autres pour avoir un meilleur bilan carbone ou des factures allégées.

D’un point de vue plus global, nous ne pouvons pas continuer à gaspiller l'énergie de la même manière car son coût devient insupportable. "

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